30 pays ont notifié 5.251 cas d'infection par la grippe A(H1N1)", du nom officiel de la grippe porcine, selon le dernier bilan diffusé mardi sur le site internet de l'OMS.
Mais trois pays jusque là épargnés ont par la suite annoncé des cas, portant le total à 33.
Le virus a fait 61 morts, selon l'OMS, dont 56 au Mexique, trois aux Etats-Unis, un au Canada et un au Costa Rica. Les autorités chinoises ont placé en quarantaine dans un hôtel de Pékin 349 personnes, dont 78 étrangers, sur 383 ayant emprunté les mêmes vols qu'un Chinois, premier cas confirmé en Chine continentale.
Les nouveaux pays touchés par l'épidémie sont la Thaïlande, la Finlande et Cuba. Deux jeunes vivant dans la région d'Helsinki et rentrés du Mexique sur le même vol ont été testés positifs.
La Thaïlande est devenue la première nation d'Asie du Sud-Est à être contaminé par le virus détecté sur deux de ses ressortissants qui s'étaient rendus au Mexique. Huit personnes ayant été en contact avec eux ont été placées par précaution en observation.
Les autorités cubaines ont annoncé lundi leur premier cas de grippe porcine sur un jeune Mexicain étudiant à Cuba. Des tests sont effectués sur 13 autres étudiants mexicains, revenus de vacances passées dans leur patrie avec des symptômes grippaux légers.
La grippe porcine a continué de progresser aux Etats-Unis qui ont reconnu 2.618 cas confirmés de grippe A(H1N1), soit 86 de plus que la veille, dans 44 des 50 Etats. Une quarantaine de nouveaux cas de grippe porcine ont été confirmés au Canada, portant à 331 le nombre de personnes contaminées.
Le nombre de cas confirmés dans le monde pourrait n'être que "la partie émergée de l'iceberg", et le nombre de cas réels bien plus élevé que les bilans officiels, a averti la cellule sur les pandémies de l'OMS. Ainsi cette cellule évalue à 23.000 le nombre de personnes contaminées au Mexique par le virus, alors que le bilan officiel des autorités mexicaines est de 2.003.
Dans ce pays comme dans le reste du monde, "les cas confirmés de A (H1N1) ne représentent que la partie émergée de l'iceberg", a relevé Anne Schuchat, directrice adjointe par intérim de la santé publique aux Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC).
Aux Etats-Unis, par exemple, les statistiques fournies par les différents Etats concernent seulement les gens qui se sont rendus dans un laboratoire pour faire un test. La vaste majorité des malades récupère rapidement et ne ressent pas le besoin d'effectuer un test en laboratoire. Ils ne sont donc pas comptabilisés par les CDC, a expliqué Mme Schuchat.
"Si les pays n'avaient pas su quoi faire dans une telle situation, il y aurait eu encore plus de confusion. Et à de nombreux égards, la situation aurait été beaucoup plus grave", a expliqué le numéro deux de l'OMS, Keiji Fukuda.
L'épidémie, qui s'est révélée moins meurtrière que prévue initialement, pouvait connaître une atténuation pendant l'été puis une résurgence à l'automne dans l'hémisphère nord."Nous espérons que le virus disparaîtra, car, si ce n'est pas le cas, nous allons tout droit vers une épidemie d'envergure. Je ne prédis pas l'apparition d'une pandémie, mais si je passe à côté et que nous ne sommes pas préparés, alors j'aurais failli à ma tâche. Je préfère qu'il y ait un excès de préparation que l'inverse", a-t-elle dit.
L'épidémie de grippe dite porcine a fait jusqu'à présent 23 morts (22 au Mexique et un aux Etats-Unis) et s'est propagée à 20 pays.Avec un cas avéré en Allemagne, deux en Espagne et deux en Grande-Bretagne, et de nombreuses personnes sous surveillance dans une huitaine d'autres pays, dont la France, la grippe porcine a fait son apparition sur le continent européen. Elle continue de se propager au Mexique et aux Etats-Unis. L'OMS est sur le pied de guerre.
D'épidémie, l'épisode actuel de grippe porcine n'est plus loin de la pandémie. Les Etats-Unis confirme 65 cas et le Mexique lui impute 159 morts (dont 7 de façon certaine). Des nouveaux cas sont signalés au Canada et en Nouvelle-Zélande tandis que le Costa Rica et Israël annoncent à leur tour être touchés.Comme le souligne le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Keiji Fukuda, quelques cas confirmés dans un pays ne signifient pas que l'épidémie s'y est installée. Cependant, l'OMS ne minimise pas les risques. L'organisation mondiale, qui centralise ces informations, en reçoit actuellement un flot constant qui mobilise largement ses services, basés à Genève. Lundi 27 avril, l'OMS décidait de passer du niveau d'alerte 3 à la phase 4, sur un total de 6. Ce mercredi 30 avril, les instances dirigeantes envisagent le passage au niveau 5. L'une des raisons est que plusieurs nouveaux cas signalés aux Etats-Unis concernent des personnes qui ne reviennent pas du Mexique et qui ont donc été contaminées sur place, signifiant que l'épidémie a réellement pris pied sur le territoire.
Au Mexique, 20 morts ont été officiellement attribuées au virus de la grippe porcine et une quarantaine d'autres cas mortels suspects sont en cours d'examen, tout comme ceux de 943 malades qui pourraient être contagieux, a annoncé le ministre de la santé. L'OMS a fait état, vendredi, de 57 décès suspects et confirmé qu'au moins 18 d'entre eux ont bien été causés par cette grippe au cours des dernières semaines. Les autorités de Mexico ont annoncé une vaste campagne de vaccination et conseillé à la population de la capitale d'éviter le métro, et de ne pas s'embrasser ou se serrer la main pour se saluer. Toutes les écoles, tous les lycées et universités publiques et privées ont été fermés dans la capitale et dans l'Etat de Mexico (Centre). L'aéroport de la capitale reste ouvert, mais des équipes médicales y sont en place pour prendre en charge les passagers.
Le président mexicain, Felipe Calderon, et le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, ont suspendu leurs activités pour se consacrer à l'examen de la situation d'urgence avec les autorités sanitaires. Au Mexique, les premiers signes de l'épidémie ont été détectés fin mars, avec un pic en avril. Les malades "sont en général de jeunes adultes qui ne souffraient pas auparavant de maladies connues", a indiqué une porte-parole de l'OMS. L'organisation, qui craint qu'une nouvelle souche de la grippe porcine ne donne naissance à une pandémie, a "activé son centre d'opérations" pour récolter toutes les informations et centraliser son action dans les situations d'urgence.